dimanche 23 juin 2013
Propositions pour les instances représentatives dans la future structure inter établissements de recherche et d'enseignement supérieur
Voici quelques considérations sur les principes et quelques propositions illustratives, destinées à participer d'une réflexion large sur ce sujet, qui, comme cela avait initialement été demandé par la ministre, et est en phase avec l'esprit des lois des EPSCP, ne doit pas être confinée à une réflexion en petit comité mais doit faire en sorte que l'ensemble des personnels concernés puissent s'approprier le futur du projet.
Dans cet esprit il est essentiel de repartir de principes et d'objectifs et non pas de solutions toutes faites. Dans une première phase il faudrait classer ces objectifs et, une fois le contexte légal précisé, rechercher une solution optimisée en fonction de la situation locale, répartition démographique en particulier.
------------------
Les instances FCS actuellement sont plutôt un habillage autour d'une petite équipe de direction de l'idex, qui s'est donné la mission de définir la future université paris saclay. Ceci résulte d'une part du positionnement initial de ce système, et d'autre part du boycott concomitant par les organisations représentatives. Il semble que ce confinement (défini dans une annexe de la convention etat-anr-fcs) ne soit pas d'un tel niveau de fatalité, dans d'autres sites, notamment à travers les instances mises en place pour mener la réflexion.
Le fonctionnement actuel ne correspond pas idéalement à l'esprit de la loi pour un EPSCP:
"Les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel sont des établissements nationaux d'enseignement supérieur et de recherche jouissant de la personnalité morale et de l'autonomie pédagogique et scientifique, administrative et financière. Ces établissements sont gérés de façon démocratique avec le concours de l'ensemble des personnels, des étudiants et de personnalités extérieures."
Pour avoir une chance de soutenir la liberté académique et le sens du service public de développement de la connaissance, dans ce contexte de fin d'exception culturelle généralisé, il conviendrait de considérer plusieurs axes prioritaires:
1) une représentation large et démocratique, connectée avec la base électorale, porteuse de liberté académique c'est a dire aussi d'une dose d'indépendance par rapport à l’exécutif.
2) la prise en compte dans cette représentation des missions ESR et des statuts correspondants des personnels
3) le rôle représentatif des organisations représentatives
A noter que les élus du CA de la FCS sont intervenus plusieurs fois pour insister sur la nécessité de réorienter la mise en place des instances, dans le cadre de la nécessité de dépasser la situation actuelle de fonctionnement en petit comité (dénoncé même par la ministre), de blocage et d'absence de discussion autour de cette construction, en particulier le sénat académique dont la structure a été imposée en 2011 et inchangée depuis. L'objectif suivi dans la définition de cette instance n'était d'ailleurs pas nettement exprimé, même si le souci de l'excellence scientifique y était probablement l'idée principale. On verra à l'usage le niveau d'instrumentalisation top down.
A terme, le statut d'EPSCP de la future communauté d'université UPSay implique semble t il l'existence d'un CT (comité technique) regroupant une représentation des syndicats représentatifs. Donc dans le futur cette dimension des organisations représentatives existerait, mais cependant pendant la phase actuelle de construction il y a un vide (qui a parfois donné lieu à des errements sur les questions de représentation et élection), que le comité de vie de campus ne semble pas devoir combler.
Concernant les autres instances de la future UPSay: le conseil d'administration et le conseil académique:
Pour le conseil d'administration il y aurait 5 enseignants chercheurs et assimilés, 2 ingénieurs et techniciens, 2 étudiants. Les modalités de vote sont, dans le projet, à préciser, notamment entre élection directe ou à travers les instances des établissements ou organismes.
De façon générale pourrait on mettre comme principe que des élections directes sont toujours préférables, notamment parce que les instances ne sont pas nécessairement directement représentatives des électeurs (mécanismes de renforcement des majorités, électorats croisés donc potentiellement dupliqués ou tronqués, dans des périmètres différents (nationaux), nommés ou extérieurs, [cependant dans le projet, seuls les élus voteraient]....), et que de plus la réponse peut dépendre du niveau ou est posée la question.
Si la condition de diversité thématique des listes CA université ne s'applique pas, il faudrait prévoir peut être aussi une certaine répartition (par exemple extension sur au moins 20% de la population [avec des regroupements >10%] , avec au moins une université et une école si liste de plus de 2 ?)
Le conseil académique est moins contraint par le projet de loi, et même manque (encore plus) de précisions, ce qui même pourrait mener à un certain arbitraire, en particulier dans le contexte de fonctionnement en petit comité décrit au dessus (de même d'ailleurs l'utilisation du réglement intérieur pour contourner l'obligation légale de passer par un décret pour modifier les statuts, ce qui apporte pourtant une dimension nationale justement nécessaire, en particulier sur les questions de représentation des personnels).
De toute manière, pour rester dans l'esprit d'idéal de gestion démocratique des EPSCP il conviendrait de pratiquer :
- listes par collège, sans panachage et avec possibilité de liste incomplète
- représentation proportionnelle au plus fort reste
- scrutin direct
Le projet de loi vise précisait l'objectif de garantir une représentation équilibrée des "établissements et organismes membres".
Un avantage de considérer un scrutin direct pour ce conseil, est qu'alors la notion de campus peut peut être se substituer dans la pratique à celle d'établissement ou organisme (en particulier le CNRS), pour les garanties d'équilibre de représentation ou d'élection, ce qui peut avoir de grands avantages pratiques si on considère des secteurs électoraux par campus.
Considérons un scrutin direct et de liste, et par collège. Quelles sont donc alors les idées forces qui peuvent guider la construction ? Il s'agit avant tout de réaliser un pavage le plus représentatif possible, sachant de plus que la sphère exécutive des établissements et organismes est déjà représentée spécifiquement dans le "conseil des membre".
1) répartition équilibrée entre les membres
2) répartition disciplinaire
3) collèges plus fins que les trois catégories
la question des étudiants (utilisateurs) est peut être à traiter séparément, leur répartition n'étant pas liée directement à celle de la recherche, qui par contre est présente fortement sur l'ensemble des sites. Une répartition du type de celle utilisée pour le comité de vie de campus (1 au moins par établissement d'enseignement, et plusieurs en fonction de la taille) qui amène actuellement à une vingtaine, peut elle être compatible ? une représentation spécifique des doctorants est peut être aussi à considérer [ils sont dans une situation intermédiaire ; dans le projet de loi, ils ont failli faire partie des jurys de recrutement des universités].
si on peut monter le nombre d'élus suffisamment (150 ?), on pourrait envisager deux dimensions
par regroupement de site,
par regroupement de disciplines
sinon il faudra privilégier le découpage par site
en 2012 j'avais proposé une solution suivant ces deux lignes,
en reprenant de plus un découpage en trois (et non deux) catégories-collèges pour les personnels ESR
A: professeurs d'université et assimilés (directeurs de recherche,...)
B: MdC, chercheurs, enseignants
C: ingénieurs, techniciens, ...
Un découpage de ce type existe dans les conseils d'administration d'université et au comité national de la recherche.
Notons que toute personne ayant une activité de recherche peut être électeur ou éligible au comité national en tant que A ou B, et il y a des équivalences de grades (pour séparer A et B), pour le CEA par exemple.
je redonne ce scenario, adapté, à titre indicatif, c'est un sketch à optimiser en fonction
- de la taille de liste recherchée
- et des solutions de regroupements de sites ou d'établissements, et éventuellement disciplinaires
élection sur liste, avec des collèges de personnels dans des rapports typiquement de :
- recherche ou enseignement : 3A 3B
- personnels de support rech/ens: 2C
- utilisateurs: 2U
traiter les étudiants spécifiquement: leur répartition n'est pas corrélée à celle des personnels de recherche, la durée de leurs mandats est différente, etc
--> pour les personnels le plus petit regroupement correspondrait à des listes de 2 ou 3.
au total
1) ~100 élus sur base "locale" ( regroupement géographique, de campus ou d'établissements)
2) ~70 élus sur base "disciplinaire" (4 à 8 regroupements de départements et ou collegium schools)
typiquement
1 -> 5 groupes de ~20, (4 étudiants, à repréciser) 4 C 6B 6A sur liste
2-> 4 groupes de ~18 ( 2 chercheurs-étudiants en these) 4 C 6B 6A sur liste
et les élus désignent une trentaine de nommés en plus, pour l'équilibre éventuel.
En tout 200 membres c'est peut être beaucoup
Inscription à :
Commentaires (Atom)